Gilles Verrier
Un peuple sans statut dans la géopolitique mondiale
e réclame une reconnaissance constitutionnelle robuste pour les Canadiens et les Acadiens, peuples frères dont l'existence est très antérieure à celle du Canada d'aujourd'hui. Un statut national pour les natifs francophones, assorti des droits et des protections qui s'appliquent aux peuples minoritaires en vertu du droit international.
Trois demandes, un seul peuple
Une reconnaissance constitutionnelle robuste
Pour les Canadiens et les Acadiens, peuples frères dont l'existence est très antérieure à celle du Canada d'aujourd'hui.
Un statut national pour les natifs francophones
Y compris tous ceux qui les ont rejoints — un peuple documenté depuis 1648, qui a donné son nom au Canada.
Les droits des peuples minoritaires
Tels qu'ils s'appliquent en vertu du droit international — notamment la Déclaration de l'ONU du 18 décembre 1992, dont le Canada est signataire.
Un peuple documenté depuis 1648
Actes de capitulation, Acte de Québec, Rapport Durham : son existence n'a jamais été mise en doute.
Vers 1969, l'identité canadienne-française devient québécoise. C'est en même temps que se forment les identités artificielles de francophones de provinces ailleurs au Canada. Le retournement d'un peuple contre son identité historique est une chose rare dans l'histoire des peuples.
L'élément structurant et le plus sous-estimé de cette substitution d'identités : la Loi sur les langues officielles de 1969.
Un cadeau empoisonné de Pierre Elliot Trudeau, qui divise un peuple contre lui-même. Hors Québec, les fonds publics affluent à condition que la nationalité canadienne-française ne fasse plus partie du vocabulaire.
Du jour au lendemain, il n'y eut plus de Canadiens-Français
Prohibé en droit international
Le démembrement des minorités nationales par un État central est prohibé. Le Canada l'a fait : une opposition judiciaire systémique entre francophones « majoritaires » et francophones « minoritaires ».
Six causes à la Cour suprême
Des Canadiens-Français opposés les uns aux autres devant les tribunaux — six fois jusqu'à la Cour suprême du Canada. La victoire du Québec se faisant aux dépens des autres, et vice versa. É. Poirier, Le piège des langues officielles, 2022.
Le droit international est déjà là
La Déclaration de l'ONU — 18/12/1992
Droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques. Le Canada est signataire — et le Renvoi de 1998 rappelle (par. 123-125) que le respect du droit international fait partie des valeurs canadiennes.
L'autonomie interne — la voie éprouvée
La formule appliquée avec succès aux peuples autochtones du Canada : préserver son identité tout en coexistant avec les provinces et un État central. Elle limite la multiplication ingérable du nombre des pays.
Un peuple, pas une province — CSC, 1998
« La majeure partie de la population du Québec partage bon nombre des traits… d'un peuple » — et ce peuple déborde les limites de la province. Le Québec n'est pas un peuple ; les Canadiens-Français, oui.
Un colonialisme de Blancs sur Blancs
Conquête militaire, déportation, exode — puis, à partir de 1969, une occultation interne : la réassignation identitaire d'un peuple en mosaïque de « francophones provinciaux ».
Nos institutions démocratiques permettent nécessairement un processus continu de discussion et d'évolution, comme en témoigne le droit reconnu par la Constitution à chacun des participants à la fédération de prendre l'initiative de modifications constitutionnelles.
— Cour suprême du Canada, Renvoi sur la sécession du Québec, 1998, paragraphe 150
Le Québec peut-il modifier unilatéralement la Loi constitutionnelle de 1982 ? La Cour suprême a elle-même répondu à la question —
Un article 35-2, à l'image du 35-1
(1) Les droits existants — ancestraux ou issus de traités — des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirmés.
(2) Dans la présente loi, peuples autochtones du Canada s'entend notamment des Indiens, des Inuit et des Métis du Canada.
Les droits du peuple canadien-français et acadien sont reconnus et confirmés.
Ces peuples issus du Canada et de l'Acadie de la Nouvelle-France forment une minorité nationale de fait et de droit au sein du Canada contemporain.
Quatre pas vers le statut
Adoption
L'Assemblée nationale du Québec adopte l'amendement 35-2 — initiative de modification constitutionnelle, Partie V de la Loi.
Référendum
« Approuvez-vous la modification du gouvernement du Québec à l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 ? » OUI — NON.
Négociation
Obligation d'« engager des discussions sur tout projet légitime de modifications de l'ordre constitutionnel » (Renvoi, par. 150).
Ratification
L'amendement entre en vigueur dès que les conditions de la formule d'amendement sont remplies.
« Le peuple canadien-français renonce à la sécession et fait partie intégrante du peuple plurinational du Canada, à côté des Premières Nations. » — amendement 35-2, alinéa 6
Lettre ouverte aux candidats aux élections du 5 octobre 2026
En tant que candidat aux élections, croyez-vous que l'État du Québec devrait reconnaître formellement les Canadiens-Français comme le peuple fondateur du Canada (Conseil souverain de 1663), et leur accorder l'autonomie interne nécessaire pour assurer leur avenir ?
Lire la lettre au complet : canadiens-francais.com → Lettre ouverte aux candidats
Intervention de Gilles Verrier le 11 février 2026 sur le Projet de loi 1 — Constitution du Québec. Voir sur YouTube →
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Que le Québec reste dans le Canada ou qu'il accède un jour à l'indépendance, il est crucial que le peuple canadien-français soit reconnu comme une entité distincte, capable d'agir collectivement grâce à des institutions bien à lui — à l'image de la solution adoptée pour les Premières Nations.